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Le Sang du Dragon

 
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Mokushiro


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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:17 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[hide=Formulaire]Titre : Le Sang du Dragon
Genre : Medieval Fantastique
Monde : Multivers
Petit résumé : Je le ferais quand j'aurais le don de savoir comment va se dérouler une histoire que je n'ai même pas encore fini d'imaginer...
Note de L'auteur [facultatif][/hide] : /
Fic de membres ? Non[/hide]

[size=18][b][u]Prologue : Un goût métallique[/u][/b][/size]

Le calme régnait dans l’aube pâle, légèrement troublé par le réveil des habitants du village de Mosbel. Malgré la guerre qui faisait rage à quelques centaines de lieues de là, la vie suivait son cours normal. Le boulanger enfournait les pains, le maréchal-ferrant commençait à faire chauffer la forge, les femmes se rassemblaient autour du puits du village pour remplir leurs seaux. Une belle journée s’annonçait.
Le calme n’était pourtant qu’apparent. Dans la maison du Maire, l’agitation pouvait commencer à se faire entendre. Il avait, la veille, réuni les hommes les plus forts et les avait fait armer pour qu’ils patrouillent aux alentours du village. Deux patrouilles n’étaient pas revenues.

« Ils ont peut être du retard ?
- Ils se sont fait tuer, oui…
- Ne parlez pas de malheur, ils sont surement en retard.
- Je suis de l’avis de Moric, ils se sont fait bouffer.
- Si c’est le cas, nous devrions évacuer la ville, non ? »

Le brouhaha s’installa en moins d’une minute, à savoir quelle solution il fallait employer. Le Maire s’éclaircit la voix et parla assez fort pour que tous l’entendent :

« Quoi qu’il ait bien pu leur arriver, nous allons garder notre calme et… »

La porte de la pièce s’ouvrir et une petite fille entra, encore à moitié endormie. Le Maire la prit dans ses bras.

« Oh… Je suis désolé ma puce. On t’a réveillé ? Allez, viens. Excusez-moi, messieurs. »

Au moment où il s’apprêtait à passer la porte, le cri d’une femme se fit entendre à l’extérieur. Il posa la petite à terre et tous se ruèrent au dehors, arme au poing.

Un homme venait de tomber de son cheval, près du puits. Il n’appartenait pas au village. Il portait l’uniforme des soldats du pays, l’uniforme d’Imgaro. Toutefois, la couleur de son vêtement était devenue rouge du sang qui coulait de ses plaies.

« Aidez-le ! Vite !
- Portez-le chez moi ! »

Le Maire grommela dans sa barbe :

« D’abord cette fillette sortie d’on ne sait où et maintenant ça… Ma maison n’est pas un refuge… »

L’homme, évanoui, fut prudemment porté dans la maison du Maire pendant que ce dernier organisait les hommes en garde autour du village. Il rejoignit ensuite ceux qui étaient entrés et demanda, à brûle-pourpoint.

« Comment va-t-il ? Peut-il parler ?
- Il est dans les vapes. Il a été salement amoché et a perdu beaucoup de sang. C’est un miracle qu’il soit arrivé jusqu’ici.
- Il le doit à son cheval, la brave bête.
- Docteur, surveillez le. Les autres avec moi, nous allons patrouiller. Il a surement été suivi par des créatures… »

En quelques instants, tous les habitants étaient rentrés chez eux et tous les volets avaient été fermés. Seuls restaient dehors les quelques gardes.

La journée se passa dans un climat tendu comme une corde d’arc. Au soir, l’homme se réveilla, brûlant de fièvre. Le maire fut appelé chez lui. Dans son délire, le soldat se mit à brailler :
« Ils arrivent ! Ils arrivent ! C’est la fin ! Et ils l’ont avec eux ! Il va tous nous tuer et nous bouffer ! Fuyez ! Fuyez pendant qu’il en est encore temps !
- Calmez-vous, mon brave, vous êtes en sécurité ici.
- En sécurité ? Ici ? Hahahahahahaha ! J’étais aussi en sécurité dans le donjon de Streis et il n’en reste que des cendres !
- Comment ?!? Le donjon de Streis est tombé ?
- Il l’a soufflé comme un fétu de paille, il est beaucoup trop fort…
- Qui ça, « il » ? »

Un rugissement se fit entendre à l’extérieur. L’homme fut subitement pris de panique.

« C’est lui ! Il est là ! Fuyez ! Fuyez tant que vous le pouvez encore ! »

Des cris commencèrent à se faire entendre à l’extérieur. Le Maire sortit, suivi par quelques hommes.

A l’extérieur, le calme avait disparu, laissant sa place à un chaos intenable. Les gens couraient dans tous les sens, les enfants pleuraient, des vagues de flammes embrasaient les maisons et les gens. Un homme se tenait au milieu de tout cela. Il était vêtu d’une grande cape blanche bordée de fourrure beige qui tranchait avec sa chevelure courte couleur de nuit. Il semblait se délecter des flammes qui rongeaient les gens. Le Maire se tourna vers les autres :

« Rassemblez les habitants et partez d’ici, je m’occupe de le retenir !
- Mais…
- ALLEZ ! »

Il s’avança vers l’homme vêtu de blanc qui lui lança un regarda à la fois méprisant et amusé.

« J’avais abandonné cette vie, mais votre intervention va m’obliger à… »

Il n’avait pas terminé sa phrase qu’il avait dû esquiver une vague de flammes. Il comprit qu’il ne pouvait pas discuter avec l’homme en blanc. Il se prépara lui-même au combat. Petit à petit, ses formules lui revenaient à l’esprit. Il lança d’abord une boule de glace qui l’autre fit évaporer instantanément. Avant d’avoir retrouvé son équilibre, il dût esquiver plusieurs vagues de flammes qui atterrirent sur sa maison. Il serra les dents et prépara ses plus puissants sorts.

Après une trentaine de minutes de combat, l’homme en blanc sembla lassé d’affronter un tel adversaire. Il disparut et réapparut derrière le Maire, surpris, qu’il attrapa par la nuque. Ce dernier se crispa un instant puis se mit à hurler pendant qu’il se consumait. Le mage blanc laissa tomber le corps calciné au sol avec dédain. Un énorme craquement et un cri aigu le firent se retourner. Une poutre de la maison du Maire venait de s’effondrer sur la petite fille qui essayait d’en sortir. Avec un air amusé l’homme aux cheveux noirs s’approcha de la petite, qui avait le bas du corps coincé sous la poutre et qui lui tendait les bras. Il sortit de sa manche une dague et s’entailla la main. Un sang rouge sombre coula de la plaie pour atterrir dans la bouche de la petite fille. Elle grimaça sous le goût métallique du sang. Et…

… et je me réveillais. Encore une fois, j’avais fait cet horrible cauchemar et encore une fois, j’avais le goût métallique du sang dans ma bouche. Je m’étais encore mordu la langue en dormant. Mon réveil n’avait pas encore sonné et je me levais pour me préparer à aller en cours. J’avais mal dormi et une dure journée s’annonçait pour moi…
_________________
"La guerrilla se déplace dans le peuple comme le poisson nage dans l'eau." Mao Zedong
"Les noms que nous portons nous ont été donnés par Dieu à la naissance. Mais moi, puisque je me suis détourné de la voie de Dieu, je n'ai plus de nom." Scar - Full Metal Alchemist


Dernière édition par Mokushiro le Lun 1 Oct - 22:05 (2007); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:17 (2007)    Sujet du message: Publicité
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Mokushiro


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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:17 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre Premier : Allez en Enfer ![/u][/b][/size]

Je trainais mes pieds jusqu'à la salle de bains. Jamais je n'avais autant maudit les jours d'école, surtout ceux où se déroulaient les cours de sport. Je laissais tomber mon pyjama sur le sol et me regardais dans la glace en face de moi. Je n'aimais pas mon corps. Ces cheveux roux, hérités de ma mère, qui me valaient des moqueries au lycée, ces petits seins, qui ne me favorisaient pas dans ma recherche du grand amour et... cette grande cicatrice de brûlure dans le dos, qui faisait peur à tous ceux qui la voyaient. A seize ans, j'étais célibataire, pucelle et moche.

Je ruminais ces sombres pensées en me passant sous la douche. Le bruit de la porte d'entrée m'indiqua que mon père venait de partir à son travail, me laissant seule à la maison. J'avais presque envie de sécher les cours, de me faire porter pâle. Mais si mon père l'apprenais, il m'étriperais. Je pris le temps de bien m'essuyer et de bien me coiffer en sortant de la douche, histoire d'être un peu moins moche. J'attrapais mon uniforme sur la patère de la salle de bain, l'enfilait sans enthousiasme et filait vers la cuisine, pour prendre mon petit déjeuner.

Mon père avait laissé la cafetière allumée, gentille attention ou simple oubli ? Je penchais plutôt pour l'oubli. Il n'avait pas le temps de penser à autre chose qu'à son travail. Ma tartine grillée et mon bol de lait furent avalés en quelques secondes, petit déjeuner insipide pour caler mon estomac jusqu'à midi. Je m'affalais devant la télé en attendant l'heure de partir qui me permettrait d'arriver juste à temps en cours. Les émissions matinales étaient pourries, comme toujours et comme j'étais fatiguée, je me suis endormie sans même m'en rendre compte.

Je me suis réveillée d'un coup. Quelle heure était-il ? Combien de temps avais-je dormi ? Je regardais la pendule de l'entrée en courant vers la sortie. Huit heures vingt ! J'étais en retard ! C'était vraiment une journée de m*rd* qui venait de commencer...

Je courus comme une dératée pour attraper mon bus, pour le voir partir juste devant mon nez. Comme si ça ne me suffisait pas ! Le bus suivant était dans une heure et je dus me résoudre à attendre patiemment son arrivée. Une heure et demie plus tard, je posais enfin les pieds sur le parvis du lycée.

Le cours où je devais me rendre était celui que je détestais le plus : celui d'éducation physique. J'essayais de me glisser discrètement dans le vestiaire mais mon entrée fut remarquée par la pire peste de ma classe : Nishi Rin.

"Tiens, je crois qu'un rat viens d'entrer dans le vestiaire ! A moins que ça ne soit une carotte ?"

Je me fis toute petite quand tout le monde se mit à rire. Elle prenait un malin plaisir à me torturer mentalement. J'entrepris de me changer et elle continua de plus belle.

"Heureusement, je ne suis pas plate comme certaines !" dit-elle en bombant le torse.

Toutes les autres filles étaient en admiration devant sa poitrine et moi je fulminais en espérant qu'elle s'arrête là. Mais à quoi sert d'espérer ? Elle reprit de plus belle...

"Regardez son dos. Une telle cicatrice, c'est ignoble. Elle ne trouvera jamais de petit ami avec une chose pareille dans le dos. On dirait qu'un alien va en sortir !"

Toutes les autres se mirent à rire. Pour moi, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Sans ménagement, à moitié habillée, je lui sautais dessus, tous ongles dehors. Si j'avais quelque chose, c'était bien les ongles solides. Je le griffais, lui tirais les cheveux, la mordait et elle me rendait la pareille et c'est le professeur qui dût venir nous séparer. Evidemment, les autres filles prétendirent que j'avais sauté sur Rin sans raison et au final cette bagarre m'avait conduit droit dans le bureau du directeur. Celui ci me colla quatre heures et me renvoya en classe avec interdiction de m'approcher de Rin Nishi. Tout cela était vraiment trop injuste.

Sur le chemin de retour vers la classe, un groupe de garçon m'aborda. Etait-ce mon jour de chance ? Non.

"Qu'est ce que tu as fait à Rin-chan, pouffiasse !
- Espèce de s*l*pe ! Comment t'as pu t'en prendre à Rin-chan !"

Ils s'étaient groupés autour de moi, m'insultant de tous les noms et me menaçant. J'étais paniquée, j'avais peur de leurs réactions et dans ces cas là, pour moi, c'est frapper avant d'être frappée. D'un coup de genoux bien placé, j'étalais celui qui semblait le moins grand. Par l'ouverture qu'il laissait, je me mis à courir vers ma classe, espérant y être en sécurité.

Ils ne m'avaient pas suivie, tout allait plus ou moins bien. J'arrivais en même temps que le professeur, ce qui me permit d'éviter une autre potentielle altercation. Le reste de la journée se passa plus ou moins sans encombre, surtout du fait que je restais bien sagement dans mon coin en me faisant la plus discrète possible.

Quand la cloche qui sonnait la fin de journée sonna, j'étais comme libérée, j'allais enfin retrouver mon chez moi, loin de Rin Nishi et de ses amis stupides. En ouvrant mon casier à chaussures, une lettre tomba à mes pieds. Une petite enveloppe bleue pâle, fermée par un autocollant en forme de cœur. J'étais intriguée que quelqu'un me dépose ce genre d'enveloppe. Peut-être s'était-il trompé de casier ? Je ne le saurais qu'en ouvrant la lettre. A l'intérieur, un petit mot griffonné et plié en quatre.

"Chère Mairenu (lisez Mylène)

Je t'attends près de la remise des équipements de sports ce soir, après les cours.

Ooshima Noboru"

Ca ne pouvait être qu'une blague. Noboru Ooshima, le plus beau garçon des premières, m'invitant, moi ? Et si c'était vrai ? Je soupirais. Ca sentait le coup fourré mais je ne voulais pas passer à côté d'une potentielle chance. Je me rendis donc prudemment jusqu'à la remise, regardant souvent derrière moi, scrutant chaque recoin pour ne pas tomber dans une éventuelle embuscade. La porte de la remise était entrouverte. Je m'approchais lentement, en restant bien vigilante aux bruits. Arrivée au niveau de la porte, je risquais un coup d'œil à l'intérieur.

[hide=attention : scène pouvant choquer, soyez avertis] Je n'eus pas le temps de réagir quand une main m'attrapa par le col, me tirant à l'intérieur, pendant qu'une autre main se plaquait sur ma bouche pour m'empêcher de crier. Deux autres mains m'attrapèrent les bras et encore deux autres les jambes.

"Moins tu bougeras, moins t'auras mal, alors t'agites pas, ma ptite carotte. Allez les gars, sortez l'appareil photo."

Je commençais à me débattre, mais cela ne servait à rien. Ils étaient quatre à me maintenir fermement au sol et le cinquième me regardait avec un sourire mauvais.

"Allez, grouillons-nous avant que quelqu'un arrive."

Il souleva ma jupe d'un coup. Mon cœur manqua un battement. Ils n'allaient pas faire ça ! Non ! J'essayais de hurler pendant qu'il descendait ma culotte le long de mes jambes. Je bougeais dans tous les sens, essayant de serrer les jambes mais en vain, ils étaient plus forts que moi. Je ne pus retenir mes larmes. Après tout, avec tout ce qu'il venait de m'arriver, ils pouvaient bien finir par ça et je n'aurais plus qu'à mourir après. Je vis deux flashs et les autres me lâchèrent. Celui qui me bloquait la bouche se pencha vers mon oreille et murmura :

"Voilà le deal ma belle : Soit tu vas t'excuser à genoux devant Rin et tu deviens sa servante, soit on affiche partout cette photo dans le bahut. Bien sûr, si tu parles du deal ou de la photo à qui que ce soit, on affiche la photo, hein ? Allez, bye bye Miss Carotte !"

Ils sortirent en me laissant à moitié nue sur le sol de la remise. Je me rhabillais, encore tremblante de cette terrifiante expérience. [/hide]

Je me remis péniblement sur mes jambes et rentrais tremblante chez moi. Je ne pris pas la peine d'aller goûter et filait directement sous une douche. Je pleurais pendant que l'eau trop chaude me brulait la peau. J'en avais marre de cette vie, marre de ce monde. Pourquoi le monde tel qu'il est ne pouvait pas disparaitre ? Pourquoi ne pouvais-je pas disparaitre ? Aller ailleurs ! Dans un autre monde ! Vivre dans un monde où personne ne me mépriserait, comme dans les jeux vidéos.

"Allez en Enfer ! Allez tous en Enfer !" pensais-je en fermant les yeux.
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:18 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 2 : Kinze Rainichi ! [/u][/b][/size]

Un bruit sourd me fit sortir la tête de mes mauvaises pensées. Un voleur ? Peut-être... Je m'enroulais dans une serviette et me glissais rapidement vers la cuisine pour y attraper un couteau. Dans mon état d'esprit actuel, tuer quelqu'un ne m'aurait absolument rien fait. Une série de bruits sourds, en cascade. Ca venait du bureau de mon père. Je m'approchais aussi discrètement que possible, le cœur battant à tout rompre, et j'ouvris la porte à la volée, le couteau devant moi. Personne, la pièce était vide. Je jetais un coup d'œil rapide pour essayer de voir ce qui avait causé ce bruit.

Un pile de livres était tombée d'une étagère sur une autre et les deux s'étaient effondrées au sol. Je posais le couteau sur le bureau de mon père et soupirais en me penchant pour commencer à les ramasser. Comment mon père avait-il pu entasser autant de livres ? Je lui avais dit pourtant que tout finirait par s'effondrer. Des livres de Loi Japonaise, des dictionnaires, des Codes de Loi étrangers, rien que de la lecture pour avocat. Je souriais en me disant que je comprenais pourquoi je ne venais jamais dans cette pièce. Il y avait quand même quelques livres "autres", notamment des pièces de théâtres qui appartenaient à feu ma mère. Tiens, Roméo et Juliette et Hamlet de Shakespeare. Ses préférées. Je n'avais jamais vraiment aimé le théâtre. Je rangeais tout cela plus ou moins correctement. Un livre resté sur l'étagère attira mon attention. Il avait une couverture de cuir et une très belle pierre d'ambre ornait le centre de la couverture. Il était fermé par un lacet de cuir. Je le pris, il était couvert de poussière. J'utilisais un coin de ma serviette pour enlever la poussière. Pas de titre, juste la pierre. Qu'est ce qu'il pouvait bien contenir ? Je défis le lacet et ouvris lentement le livre...

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L'hiver étendait son manteau blanc sur la colline. Le soleil se levait, projetant du sommet de celle-ci l'ombre d'un jeune homme. Il était grand et large d'épaules. Ses cheveux gris ébouriffés cachaient ses yeux, mais on pouvait quand même sentir son regard perçant. Il était vêtu d'une large cape brune, attachée par un fermoir en étain, au dessus d'une grande tunique croisée, fermée par une ceinture. Dans son dos, une grande épée. Avec le soleil dans le dos, il ressemblait à un héros. Il fit un pas et... s'étala de tout son long dans la neige. En bas de la colline, un rire moqueur se fit entendre :

"C'est ça le chasseur de primes qui me colle depuis Luun ? Un comique oui !"

Le jeune homme ne dit rien, se releva et commença à courir en descendant le long de la colline. L'autre homme rit de nouveau et ce qui devait arriver arriva. Le jeune homme glissa à nouveau et se mit à faire des roulés boulés. En bas, l'homme moqueur sortit tranquillement son épée et attendit que le jeune homme arrive en bas, la garde baissée. Le chasseur de prime s'arrêta subitement de faire des roulé-boulé et se retrouva subitement à glisser le long de la pente sur ses deux pieds. Profitant de l'effet de surprise que cela avait produit, il porta sa main à son visage, puis dans sa tunique et à nouveau à son visage avant de sauter droit sur son adversaire étonné, l'épée à la main. Avant que l'homme moqueur n'ait pu faire le moindre mouvement, l'énorme épée du chasseur de primes avait fendu l'air et s'était abattue à quelques centimètres de son bras.

"Je fais un peu le pitre de temps à autres, mais sache que je ne suis pas un plaisantin."

La voix du chasseur était assez caverneuse, et pour cause : il portait un masque. L'homme sembla effrayé.

"Tu... Tu es "Lucky" Kinze ! Le Maitre des Masques !
- Je vois que ma réputation me précède. Tu reconnais ce masque ?
- Le Masque du Guerrier ?
- Bingo. Et tu sais ce qui pourrait arriver si tu décides de m'opposer de la résistance ?"

L'homme lâcha son arme. Derrière le masque, on pouvait deviner que Kinze souriait. Il ramassa l'épée et fit signe à l'homme d'avancer dans la direction qu'il pointait avec son épée. Un craquement de branches se fit entendre au dessus de Kinze et, surpris, il ne put éviter la masse blanche qui lui tomba dessus. Profitant de l'occasion, le prisonnier se mit à courir à toutes jambes. Kinze lança une bordée de jurons, se dégagea de la masse blanche et adressa un poing vengeur à son ex-prisonnier.

"On se reverra, Kubel ! Et cette fois je t'aurais !"

Il regarda le dit Kubel disparaitre derrière un bosquet en maugréant. Ce n'était pas son jour de chance. il se retourna vers la source de sa malchance.

"Par les Milles Masques ! Qu'est ce que !?"

Dans la neige à ses pieds gisait une jeune fille évanouie. Ses cheveux étaient couleurs de feu et elle n'était vêtue que d'une simple serviette. Il esquissa un sourire. il avait de la chance dans son malheur. Il enroula la demoiselle dans sa cape et la porta jusqu'à chez lui, une petite maison à l'extérieur de Luun.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Je me réveillais péniblement. Qu'est ce qui s'était passé ? Je me souvenais avoir ouvert le livre et... d'être tombée sur quelque chose avant de perdre connaissance. Mon épaule gauche me faisait horriblement mal et j'étais dans un lit, dans une sorte de cabane en bois miteuse. Une voix interrompit mes pensées :

"Ah, vous êtes réveillée ! Je vous apportais justement une bonne soupe bien chaude."

Surprise, je me redressais brutalement sur le lit. Un jeune homme se tenait devant moi. Il avait les cheveux gris et portait un tablier ridicule. Son visage s'empourpra et il détourna le regard. Je haussais un sourcil avant de ressentir le froid dans tout le haut de mon corps. Je regardais mon corps, le jeune homme, qui avait l'air confus et je me mis à crier en remontant la couverture sur moi.

"Yaaaaaa ! Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous m'avez fait ? On est où là ? Et surtout, pourquoi je suis toute nuuuuuuuue !"

Il posa le plat de soupe sur une table près de lui, en prenant soin de me tourner le dos. Il se gratta la tête.

"Hmm... Hé bien... Comment l'expliquer... Vous m'êtes tombée dessus, juste vêtue d'une serviette. Je ne voulais pas vous laisser dans la neige alors je vous ai amenée chez moi.
- Mais j'étais chez moi il y a un instant ! Vous m'avez enlevée ! Où est-on ?
- Là, tout de suite, on est chez moi, à l'extérieur de la ville de Luun. Et non, je ne vous ai pas enlevée. Vous m'êtes "juste" tombée dessus alors que j'avais capturé un criminel en cavale.
- Luun ? C'est où ça ? C'est loin d'Osaka ?
- Osa-quoi ?
- Osaka ! C'est la ville où j'habite !
- J'ai bien peur de ne pas connaitre cette "ville", en tout cas, pas sur ce continent...
- Continent ?
- On est sur le continent de Lorgha, vous savez ? Lorgha. Hein ?
- Vous vous moquez de moi ? C'est pour une caméra cachée ?
- Hmm... Une... quoi ?"

Il n'avait pas l'air de connaitre les caméras. Comment avais-je pu passer du bureau de mon père à ce "continent", si bien sûr ce n'était pas une blague idiote. Je réfléchis un instant. Mais oui ! Le livre ! Quand je l'avais ouvert je m'étais mise à tomber ! Je me mordis la lèvre pour être sûre de ne pas me trouver en plein milieu d'un rêve. Ca faisait mal, autant que mon épaule et tout était toujours pareil. Tout se bousculait dans ma tête et je perdis à nouveau connaissance.

Quand je me réveillais, une tunique était déposée sur le lit. Supposant qu'elle était pour moi, je l'enfilais en grimaçant pour mon épaule. Elle était trop grande, mais c'était mieux que de se balader nue, surtout avec un inconnu. Une voix s'éleva de la pièce voisine.

"Vous voulez manger quelque chose ?"

Je m'apprêtais à refuser quand mon estomac émit un gargouillement terrifiant. Le jeune homme rit.

"Je suppose que ça veut dire oui"

Je dus me résoudre à le laisser me faire manger après avoir essayer de tenir ma cuiller de la main gauche, ce qui m'avait arraché un gémissement de douleur, et de ma main droite, qui était aussi habile avec une cuiller qu'une poule avec une brosse à dents. Après avoir terminé, le jeune homme m'apporta une sorte de pommade pour mon épaule et me conseilla de me reposer, ce que je fis volontiers.

Le lendemain matin, je fus réveillée par un cri dans la cabane :

"KINZE RAINICHI !"
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:19 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 3 : Talents cachés.[/u][/b][/size]

Je me levais doucement, en essayant de ne pas trop bouger mon épaule et me dirigeais vers une autre pièce de la cabane, la seule autre d'ailleurs, pour voir la raison de ce cri. Le jeune homme qui m'hébergeait semblait heureux et sautait partout dans la cabane.

"Ca va aller ?"

Il s'arrêta brusquement et se tourna lentement vers moi avec un grand sourire idiot.

"Ca va très bien ! Même mieux que ça ! Je suis accrédité pour des missions de Rang A !"

Je le regardais avec un regard interrogateur. Il se gratta la tête.

"Peut-être qu'on devrait commencer par le commencement. Vous voulez manger quelque chose ? J'ai des œufs, des fruits, un peu de pain... Installez vous, nous discuterons devant le petit déjeuner."

Il s'assit à la table qui était au milieu de la salle et me désigna la place en face de lui. Je m'installais en face de lui et prit une pomme. Je ne savais pas si on était dans le même monde ou pas, mais c'était une pomme.

"Alors... Hmm... Je m'appelle Kinze. On m'appelle aussi "Lucky" Kinze. C'est ironique, je n'ai jamais de chance... Et vous ?
- Mylène, Mylène Karyû.
- C'est bien plus agréable de connaître le nom de son interlocuteur, n'est ce pas ?"

J'acquiesçais en croquant dans ma pomme.

"Je viens d'un petit village plus loin à l'Est. Et depuis quelques années, je travaille en tant que chasseur de primes dans la ville de Luun, qu'on peut voir par la fenêtre."

Je jetais un œil par la fenêtre, il y avait effectivement une ville, mais rien de comparable à ce que je connaissais. C'était une cité de style médiéval européen, entourée de remparts.

"Et vous Mylène, d'où venez vous ?
- Je viens d'une ville nommée Tokyo, mais je suis née dans un pays appelé France.
- Je ne connais pas ces endroits. C'est sur quel continent ?
- Tokyo est sur une île appelée Japon et la France sur un continent nommé Europe."

Il me regarda un instant, un sourcil levé puis haussa les épaules en continuant de manger.

"Et qu'est ce qui vous amène en ces lieux ? Vous êtes tombée d'un Hippogriffe ?
- Heu... Pas du tout. La dernière chose dont je me souviens, c'est d'avoir ouvert un livre et d'être tombée. Sur vous si je me fie à ce que vous avez dit."

Il sembla perplexe.

"Drôle d'histoire. Enfin peu importe. Je suppose que vous êtes loin de chez vous, alors je vous offre le gîte. Vous pouvez rester ici autant de temps que vous le souhaitez."

J'étais un peu étonnée de son offre, mais dans le cas actuel, je ne pouvais qu'accepter.

"Hé bien, merci beaucoup."

Nous avions fini et il commença à ranger la table. Une question me brûlait les lèvres.

"Heu...
- Oui ?
- Est ce que vous auriez un endroit où je pourrais me laver ?
- Oh... Bien sûr... Je vais vous faire chauffer de l'eau."

Il sortit avec deux sceaux et fit quatre ou cinq allers retours jusqu'au puits pour remplir un grand chaudron d'eau, qu'il mit à chauffer. Il sortit une grande barrique en bois et l'installa dans la chambre. Il était attentionné, même envers une inconnue. C'était sûrement un type bien. Il me donna ma serviette, ainsi qu'une autre serviette et des vêtements propres.

"Ils sont peut-être un peu grands, mais c'est tout ce que j'ai comme vêtements.
- Ce n'est rien, merci beaucoup."

Il remplit la barrique avec l'eau brûlante et sortit en fermant la porte derrière lui.

J'étais heureuse de me plonger dans un bon bain chaud. Je me posais bien tranquillement et me mettais à réfléchir à ce qui avait bien pu se passer. L'histoire avec Rin, les livres dans le bureau, le livre couvert de cuir. Je me souvins également avoir souhaité aller dans un autre monde. Tous ces éléments qui se bousculaient dans ma tête trouvèrent soudain un ordre correct et plausible. Le livre à la couverture de cuir devait être magique et sentant mon désir d'aller dans un autre monde, il m'a envoyé ici. Cette théorie était probablement la chose la plus idiote que j'avais bien pu inventer et personne sain d'esprit ne pouvait croire à ça, mais au vu de ce qui m'arrivait, c'était un minimum crédible. Je chassais ces pensées de mon esprit et profitais de la douce chaleur du bain.

Kinze me sortit de ma douce torpeur en frappant à la porte.

"Mylène, je vais aller faire un tour à Luun, ça vous dirait de m'accompagner ?
- Heu... Oui, pourquoi pas ?"

Je sortis de mon bain et m'habillais en vitesse. Il m'avait prêté une tunique, un pantalon, une ceinture, une paire de sandale, un bout de tissu dont je me servis pour attacher mes cheveux et un autre pour maintenir mon bras gauche en écharpe. Je le rejoignis ensuite sur le pas de la porte. Il portait une grande cape et une grande épée. Je désignais la dite épée.

"Ce n'est pas dangereux de vous promener avec ça ?
- C'est... mon outil de travail. Je ne peux pas sortir sans. Surtout pour aller à Luun.
- Ah..."

Ce monde n'était décidemment pas le mien, c'était bien certain cette fois.

Nous marchâmes un petit quart d'heure à bon rythme avant d'arriver à Luun. A peine passées les portes, l'atmosphère avait changé. La ville semblait en ébullition. Des camelots, des échoppes, partout. C'était à n'en pas douter une ville commerciale. Un marchand m'interpella.

"Holà, belle demoiselle, venez jeter un œil sur mes marchandises !"

J'allais m'approcher de son étal quand Kinze me rattrapa par le bras, me faisant "non" de la tête. Je haussais les épaules en regardant le marchand et me remis à suivre Kinze.

"Pourquoi m'avoir empêchée d'aller le voir ?
- Ce genre de marchands ont des charmes magiques qui vous aurait forcé à acheter n'importe quoi."

J'étais un peu surprise, mais ne dis rien. Nous arrivâmes près de la destination de Kinze, le Bureau des Primes. Il me regarda en souriant et me dit :

"J'en ai pour un instant là dedans. Regardez les échoppes et boutiques autour en m'attendant.
- Mais...
- Ne vous en faîtes pas, ceux là n'ont pas de charmes."

A peine avait-il fini sa phrase qu'il avait disparu à l'intérieur. Je regardais autour de moi. Une vieille femme derrière une petite table sur le bord de la rue attira mon attention. Je m'approchais prudemment et elle se tourna vers moi.

"Approchez, mon enfant, n'ayez pas peur. La vieille Baba peut tout vous dire. Le passé, le présent, l'avenir. Montrez-moi votre main droite."

Je lui tendis ma main droite. Elle la regarda quelques instants, lança des osselets et les regarda un long moment avant de parler en me regardant droit dans les yeux.

"Vous avez fait un long voyage, jeune fille. Vous venez d'une contrée très lointaine, même si je ne saurais dire laquelle. Vous avez souhaité venir ici pour fuir vos problèmes là bas. Hmmmmm... Vous êtes déjà venue une fois sur ces terres, lors d'un précédent voyage. Vous êtes accompagnée par un charmant jeune homme, qui semble-t-il ne vous laisse pas indifférente."

Je ne pris pas note de sa dernière phrase.

"Je serais déjà venue ici ? Je ne m'en souviens pas.
- C'était il y a bien longtemps. Ce passage a marqué votre vie dans votre chair. Il a aussi changé votre destin en ces lieux. Votre avenir est flou, vous avez des talents que vous ne soupçonnez même pas, jeune fille aux cheveux de feu. Mais... Prenez garde à eux, ils pourraient vous conduire à votre perte."

J'entendis Kinze m'appeler derrière moi. Je me tournais vers lui.

"Mylène !
- Kinze ! Par ici, venez voir !"

Il s'approcha de moi.

"Que voulez vous que je vienne voir ?
- Cette dame...
- Quelle dame ?
- Hein ? Mais..."

Je me retournais pour lui montrer mais la vieille femme avait disparu. Elle s'était comme évaporée.

"Vous avez dû rêver...
- Mais...
- Vous ne voulez pas que je vous offre quelque chose ? Je viens d'avoir une prime pour mon accès aux contrats de rang A."

Il m'entraina vers une boutique de robes et en demanda quelques unes.

"Essayez celles là."

Il semblait heureux et je décidais de ne pas insister sur l'histoire de la vieille femme. Je me rendis dans une espèce de cabine d'essayage avec un miroir à l'intérieur. L'image de ma brûlure dans le dos, qui se reflétais dans le miroir me firent penser aux paroles de la vieille femme. "Ce passage a marqué votre vie dans votre chair".

"Alors ?"

Kinze semblait impatient. J'évitais toutes les robes dont le dos était nu. J'optais pour une robe brun-rouge, avec une tunique beige par dessus. Le tissus semblait de très bonne qualité. Je sortis pour lui montrer.

"Celle ci me plait.
- Vous êtes ravissante comme ça."

Il avait encore son grand sourire idiot sur le visage. Je demandais à la vendeuse le prix.

"150000 tisils, mademoiselle."

Le visage de Kinze se crispa un peu.

"Hmm... Pour ce prix là, je pourrais avoir quelques longues pièces de tissus blanc ?
- Bien sûr mademoiselle."

Kinze paya la vendeuse qui semblait ravie de sa vente et nous nous dirigeâmes vers la maison de Kinze. Je le regardais avec un air interrogateur.

"C'était beaucoup d'argent 150000 tisils ?
- Oui, quand même. Mais bon, avec la prime que je viens d'avoir, c'était une broutille.
- Ah ? A combien s'élevait-elle ?
- 10'000'000 de tisils. J'ai capturé un gars de rang A qui valait 8'000'000 de tisils et ma prime pour mon passage au rang supérieur m'a valu 2'000'000 de tisils."

Je restais bouchée bée. Je n'aurais jamais imaginé qu'un simple chasseur de prime aurait pu gagner autant d'argent.

"Au fait, à quoi vous servirons les bandes de tissu ?
- Hmm... Il fait froid sans rien sous cette robe..."

Il se mit à rougir.

"Hmm... Oui, j'aurais dû m'en douter."

Il eut un petit rire nerveux.

Nous arrivâmes chez lui quand le soleil était à son zénith. Je m'habillais "correctement" et dirigeais ensuite vers la cheminée, dans la pièce principale.

"Ce midi, c'est moi qui vous ferais à manger, pour vous remercier.
- Vous y arriverez avec un seul bras ?
- Je ne sais pas, mais je vais essayer."

Il ne semblait pas trop enclin à me laisser faire, mais voyant mon enthousiasme, il ne dit rien. Dans l'espace cuisine, je pris une sorte de poêle à frire, quelques œufs, des pommes de terre. Il m'aida à éplucher les pommes de terre pendant que je me concentrais sur le feu. Il n'avait qu'un silex et de l'amadou pour allumer le feu.

Après avoir longuement essayé de me servir des pierres pour allumer le feu, je finis par perdre patience.

"Mais tu vas t'allumer oui !"

Une énorme flamme jaillit subitement de ma main qui tenait le silex et je me jetais en arrière. Kinze se précipita vers moi.

"Ca va aller ?"

Je tremblais et hoquetais, impossible de lui répondre. Pendant une seconde, l'image des flammes de ce cauchemar récurrent m'était apparue devant les yeux. J'avais peur, peur des grandes flammes. Kinze me serra dans ses bras et me murmurant des mots rassurants. Après quelques minutes, je fus calmée.

"Que s’est-il passé Mylène ?
- Je... Je ne sais pas. Je frottais le silex quand une énorme flamme a jailli de ma main.
- Ce n'est rien."

Il continuait de me tenir dans ses bras. Je me sentais comme protégée. Les mots de la vieille femme me revinrent encore en tête. "Vous avez des talents que vous ne soupçonnez même pas". Quels étaient ces talents dont elle avait parlé ? "Vous êtes accompagnée par un charmant jeune homme, qui semble-t-il ne vous laisse pas indifférente". Je me sentis rougir comme une pivoine et je repoussais Kinze.

"Ca va aller, merci.
- Vous êtes sûre ?
- Oui, oui."

Je n'osais pas le regarder et pour cacher mon embarras je me remis à la cuisine, tout en gardant une bonne distance avec la cheminée. Quels étaient ces talents cachés ? Des flammes ? De la magie ? Tout s'embrouilla dans ma tête et je me sentis tomber sur le sol.
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:19 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 4 - Les Flammes de Salamandre [/u][/b][/size]

Je me réveillais encore une fois, seule, dans le lit de Kinze. Je me souvenais juste de m'être encore évanouie et c'était tout. Kinze, lui, s'était endormi, assis, dans un coin de la pièce. Cela faisait trois jours qu'il m'hébergeais et c'est seulement maintenant que je me rendais compte que je lui empruntais son lit. Je me levais discrètement et me changeais rapidement. Je pris une couverture et la posais sur lui. Mon épaule me faisait encore un peu mal. Je me rendis dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner. C'était le moins que je puisse faire.

Le feu n'était pas allumé et il n'y avait pas de braises. Je n'arrivais pas à me servir du silex et de l'amadou, j'allais donc devoir essayer de faire comme la veille, même si j'appréhendais beaucoup ce moment. Je me posais près de la cheminée. Après avoir entassé ce qu'il fallait de bois pour faire un feu, je tentais de lancer une flamme, mais toute petite cette fois.

"Vous risquez de faire pire que mieux comme ça."

Je sursautais, ne m'attendant pas du tout à ce qu'on me parle. Kinze s'approcha de moi, pris l'allume-feu, me le mis dans les mains, pris mes mains dans les siennes et me montra comment utiliser les pierres.

"Ce sera plus sûr et vous risquerez moins de brûler ma maison."

Il se mit à rire alors que je rougissais encore comme une pivoine. Encore une fois, pour cacher mon embarras, je me jetais à corps perdu dans la cuisine. A défaut de pouvoir faire un chocolat chaud et des tartines grillées, je préparais des œufs brouillés, avec une viande qui ressemblait à du bacon. Bien que cela lui sembla étrange et qu'il le regarda sous tous les angles avant de goûter, mon petit déjeuner lui plu. Je le regardais manger, contente de moi. Je repensais à lui, dormant assis dans un coin de se chambre et baissais la tête.

"Quelque chose ne va pas ?
- Je... Je suis désolée...
- Pourquoi ?
- A cause de moi vous devez dormir assis dans un coin de votre chambre..."

Il se mit à rire.

"Ce n'est rien, Mylène. J'ai l'habitude de dormir à la dure. Vous savez, quand on fait un métier comme le mien, on ne passe pas beaucoup de temps chez soi. C'est la première fois depuis longtemps que je passe plusieurs jours ici."

Je lui souris, ne sachant que dire d'autre. C'est lui qui reprit la parole.

"Mylène, cette flamme que vous avez lancé hier...
- Hein ? Heu... Oui ?
- C'est probablement une forme de magie. Est-ce la première fois que celà vous arrive ?
- Oui... De là d'où je viens, il n'y a pas de magie...
- Je vois..."

Il sembla pensif un instant.

"Je vais vous emmener voir un de mes amis. Il habite un peu loin, mais il pourra probablement nous aider."

Soudain, la porte s'ouvrit à la volée. Et une fille entra, en furie.

"Enfin on se retrouve Kinze !"

Elle l'attrapa par le col et le souleva contre le mur. J'étais tellement surprise que je ne pus absolument pas réagir. Kinze avait l'air ennuyé.

"Ah... Hairi ! Euh... Beau temps n'est ce pas ?
- Espèce de sal*ud ! Tu m'avais dit de t'attendre sur le pont central et tu n'es jamais venu ! Tu sais depuis combien de temps je t'attends ? Trois jours ! Trois JOURS !
- Je... Heu... Une mission m'est tombée dessus à l'improviste et je n'ai pas pu faire autrement que de m'en charger...
- Et qu'est ce qui t'empêchais de venir t'excuser par la suite ? Tel que je te connais ta mission n'a pas dû te prendre TROIS JOURS !
- Heu... J'ai eu un... imprévu ?
- Et c'était quoi cet "imprévu" ?"

Kinze tourna la tête vers moi et me désigna du menton. La furie me regarda et se remit à crier sur lui.

"Je vois ! C'est elle ton "imprévu" !
- Mais...
- J'ai bien compris. Tu as trouvé une nouvelle conquête alors tu me jettes, c'est bien ça ?
- Laisses-moi t'expliquer...
- Il n'y a rien à expliquer ! Toutes ces belles paroles que tu as OSE me dire, c'était du flan pas vrai ?
- Aaaaaah !"

Kinze avait un énorme problème et j'en étais la cause. Je suppose que cette... Hairi... était sa petite amie et elle devait croire que j'avais "volé" son petit ami. Je pris la parole.

"Heu... Mademoiselle Hairi ?
- Qu'est ce que tu veux toi ? Tu vois pas que je parle avec MON petit ami ?
- Ben justement, c'est de ça qu'il s'agit..."

Elle relâcha un peu sa prise sur Kinze, mais toujours sans le lâcher. Elle me regarda avec un œil interrogateur.

"En fait, ni moi, ni Monsieur Kinze ne prétendons avoir ce genre de relations.
- Ah ? Et quelles sont vos relations alors ? Purement professionnelles peut-être ?
- Heu... Non... Il m'a sauvée lors de sa mission et comme je ne suis pas d'ici il m'héberge le temps que je trouve un endroit où aller.
- Hmm..."

Elle plissa les yeux et regarda Kinze de très près.

"C'est vrai ce mensonge, "Monsieur" Kinze ?
- Oui, oui, je te jure que c'est la pure vérité."

Elle ne semblait pas convaincue mais relacha Kinze qui se laissa glisser par terre. Elle s'approcha de moi et posa ses deux mains sur la table.

"Et de quelle menace t'as t'il sauvé ?
- Heu... Je n'étais pas menacée, je lui suis... comme qui dirait... tombée dessus..."

Elle frappa du poing sur la table.

"Et tu imagines que je vais gober ça ?"

Elle fit le tour de la table, m'empoigna par le col et s'apprêtait à me soulever. Kinze, qui s'était relevé, attrapa son bras.

"Arrêtes Hairi, elle dit la vérité."

Son visage n'était plus celui habituel que je connaissais. Il semblait dur et sérieux. Hairi me relâcha. Kinze la tira dans la chambre.

"Attendez nous un instant Mylène, je dois parler à cette demoiselle."

Il ferma la porte et, mue par la curiosité, je m'approchais pour essayer d'entendre. J'entendis Kinze.

"Hier soir, elle a lancé une flamme énorme, sans incantation.
- Et alors ?
- Je pense qu'elle possède le pouvoir des Flammes de Salamandre.
- Alors ce serait...
- Peut-être... Il faudrait aller voir Arcturus."

Je les entendis qui s'approchaient de la porte. Je retournais prestement m'asseoir. Les questions se bousculaient à nouveau dans ma tête : Qu'étais-je censée être ici ? Et quel était le pouvoir des Flammes de Salamandre ?
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:20 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 5 - L'Ermite des Glaces[/u][/b][/size]

Quand il sortit de la chambre, Kinze me lança un sac.

"Préparez quelques affaires. Comme je vous le disais avant que nous soyons interrompus, nous allons aller voir un vieil ami."

Les quelques affaires se résumaient à un peigne et une couverture. Je n'avais rien d'autre dans ce monde.

"Comment comptez-vous y aller ? Si c'est loin, je ne suis pas sûre de vouloir marcher...
- Ne vous en faites pas, nous aurons une monture."

Il prépara rapidement un sac avec quelques affaires et nous sortîmes. Je lui lançais un regard interrogateur.

"Où est la monture ?
- Devant vous."

Il n'y avait qu'Hairi devant moi.

"Elle va nous porter sur son dos jusqu'à..."

Avant que je ne termine ma phrase, elle commença à se transformer. Ses jambes et son bassin se transformèrent peu à peu en corps de cheval. Je n'en croyais pas mes yeux. Hairi était en train de se transformer en centaure. Elle se tourna vers moi, l'air amusée.

"Tu n'as jamais vu de centaure-garou ?"

Je fis non de la tête, bien trop surprise pour parler. Kinze monta sur le dos chevalin d'Hairi et me fit signe d'approcher en me tendant la main. Il me hissa devant lui.

"Allons y Hairi, la demoiselle est à bord."

Elle fit quelques pas puis se mit au trot et après quelques dizaines de mètres se lança au galop. Monter à cru sur un cheval ne devait pas être confortable, mais sur une centaure, je dirais que ça devait être pire. Je bénissais ma mère de m'avoir fait fille et pas garçon, tout en ayant une petite pensée pour Kinze derrière moi. Je le regardais par dessus mon épaule et la situation ne semblait pas le gêner le moins du monde. Il devait sûrement être habitué.

Hairi galopa longtemps et à la tombée du jour, nous nous arrêtâmes à quelques centaines de mètres d'une auberge pour nous reposer. Hairi reprit sa forme humaine pour ne pas surprendre les potentiels clients, car Kinze m'apprit que les centaures, les vrais, étaient devenus très rare sur le continent. Le patron de l'auberge nous fit bon accueil et nous offrit de profiter des bains de son établissement. J'interrogeais Kinze sur la présence de bains dans une telle auberge et il m'indiqua que nous faisions route vers les montagnes au Nord et que les sources étaient monnaie courante dans ces lieux. J'aurais presque cru me retrouver au japon. Je profitais donc de l'offre en compagnie d'Hairi. Je profitais de l'instant de détente pour discuter un peu avec elle.

"Dites moi, Hairi, ça fait longtemps que vous connaissez Kinze ?
- Je dirais... à peu près 10 ans...
- Et c'est votre petit ami depuis tout ce temps ?"

Elle me regarda d'un air contrarié.

"Heu... Si c'est indiscret vous n'avez pas besoin d'en parler..."

Elle se mit à rire.

"Kinze et moi n'étions pas très très amis à l'époque. On n’arrêtait pas de se tirer dans les pattes à tout bout de champ. Le genre de choses qu'on fait quand on est enfant, pour attirer l'attention de l'autre, tu vois le genre ?
- Oui. Et qu'est ce qui a fait que lui et vous, vous...
- Holà ma jolie ça suffit."

Est ce que j'avais été trop curieuse ?

"Arrêtes avec tes "vous, "vous", "vous" incessants. Ca m'énerve. Dis TU ou ne dis rien.
- Heu... D'accord...
- Et pour répondre à ta question, il m'a sauvé la vie."

Elle avait un air rêveur en disant cela. Elle se tourna ensuite vers moi et me tira la langue.

"Mais je n'ai pas envie de t'en parler !"

Nous partîmes toutes deux d'un grand éclat de rire. La nuit qui suivit fut longue et agréable. Le voyage à dos de centaure avait quand même été assez pénible pour mes pauvres fesses.

Le lendemain matins, nous reprîmes la route de bonne heure. Nous nous éloignâmes un peu de l'auberge avant qu'Hairi ne reprenne sa forme de centaure. Le voyage continua ainsi pendant quatre jours.

Au midi du cinquième jour, nous arrivâmes enfin à notre destination : Les montagnes d'Erile. Le campement fut vite planté et l'après midi servit à se reposer. L'ascension du lendemain allait probablement être pénible, surtout au cœur de l'hiver.

Le soleil fut à peine levé que nous étions déjà en route. Nous suivîmes une route escarpée jusqu'à une sorte de petit plateau. La suite de la montée devait se faire en escalade. Sans gants, l'exercice se révéla périlleux, mais nous arrivâmes tous les trois devant une grotte. En face de l'entrée se tenait un homme. Il portait un grand manteau bleu royal et avait un casque dans le genre grec sur la tête. Il se retourna en nous entendant arriver.

"Je vous attendais. Mais qu'est ce qui vous conduit à un vieil ermite, mes bons amis ?
- Je crois qu'on l'a trouvée.
- Vraiment ? Laisses moi voir ça."

Il s'approcha de moi d'un pas lent, me détailla de haut en bas, me tourna autour et pour finir, posa sa main sur mon front.

"Hmm. Intéressant. Elle a du potentiel..."

J'étais complètement hors de leur discutions mais j'intervins.

"J'aimerais bien qu'on m'explique.
- ... et ceux qui ont du potentiel doivent mourir."

J'eus à peine le temps de me laisser tomber par terre quand il sortit une lance d'on ne sait où pour tenter de m'embrocher.

"Arcturus ! Tu es devenu fou ?!?"

Hairi et Kinze s'interposèrent, toutes armes dehors. Ils engagèrent le combat contre le dit Arcturus. Un combat de coups rapides et précis. On sentait que ces trois là avaient de l'expérience. Je me reculais un peu pour ne pas prendre un coup perdu.

Soudain, deux épieux de glace venus de je ne sais où me clouèrent au sol. Je sentis la peur monter en moi comme l'eau, issue de la neige fondue, imbibait mes vêtements. Le combat tourna encore plus en notre défaveur quand Hairi fut projetée dans le vide et que Kinze se prit un coup de lance dans le ventre avant de s'étaler au sol. Arcturus s'approcha de moi et leva sa lance. J'étais terrifiée. Tellement terrifiée à l'idée de mourir que je sentis une chaleur au niveau de mon entrejambe. Ma vessie n'avait pas tenu le coup. Quelle mort pitoyable.

Et un déclic se fit dans ma tête, comme si j'avais un nouveau savoir. En une fraction de seconde, j'avais projeté une énorme vague de feu. La terreur qui s'empara de moi devant ces flammes fut tellement intense que je m'évanouis. Pendant que tout devenait flou, j'avais la satisfaction d'avoir vengé Hairi et Kinze de cet ermite des Glaces.
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:20 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 6 - "Elle n'est pas prête."[/u][/b][/size]

Le village, l'homme à cheval mourant, les flammes et le goût métallique. Encore une fois j'étais au beau milieu de ce cauchemar. Mais ce n'était plus la petite fille habituelle, ni l'homme aux cheveux noirs qui prenaient place. C'était moi et... moi.

Je me réveillais en hurlant. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je me voyais en double dans ce rêve ? Une voix me sortit de mes pensées.

"Hé bien, cela devait être un sacré cauchemar pour vous faire hurler ainsi."

A moitié dans le gaz, je regardais autour de moi à la recherche de la source de la voix. Un homme grisonnant, recouvert d'une grande cape bleu royal s'approcha du lit dans lequel j'étais allongé. C'était lui qui avait parlé. Il tenait dans sa main gauche un plateau sur lequel se trouvait une tasse fumante.

"Tenez, buvez tant que c'est chaud."

Il me tendit la tasse pendant que je le regardais avec un air interrogateur.

"Oh... C'est vrai ! J'ai oublié de me présenter. Je suis Arcturus Kerud d'Erile, Seigneur de ses montagnes.
- Vous !
- Et... Héééé ! Attendez !"

Je n'attendis rien et lui jetais le contenu de ma tasse à la figure. Comme je m'y attendais, c'est surtout sa cape qui prit le plus du liquide. J'étais entrée dans un état de tristesse et de colère qui me fit monter les larmes aux yeux.

"Vous avez tué Kinze et Hairi ! Et vous prétendez m'offrir l'hospitalité !
- Je te prierais de ne pas m'enterrer trop tôt. Je pense que mon jour n'est pas encore arrivé...
- Moi non plus je ne me porte pas trop mal."

C'était les voix d'Hairi et de Kinze. Ils se tenaient dans l'encadrure de la porte. Ne me sentant plus de joie, je poussais Arcturus et me jetais dans les bras d'Hairi en pleurant.

"Je... Je vous croyais morts tous les deux... Je croyais qu'il vous avait tués...
- Ne t'inquiètes pas, nous sommes des durs à cuire. Tu devais peut-être t'habiller avant de prendre froid."

Je réalisais que j'étais en petite tenue et retournais me jeter sous les couvertures du lit, rouge comme un homard. Arcturus rit.

"On va te laisser te changer, jeune fille."

Ils sortirent. Je récupérais mes vêtements, qui avaient été lavés. Je les passais rapidement et me rendit dans le salon. Les trois autres m'attendaient autour d'une table basse. J'étais tellement heureuse de les voir en vie que je n'attendis même pas d'être assise pour parler.

"Comment avez vous survécu ? Et pourquoi ne m'a t'il pas tuée ?"

Le silence de la réponse fut pesant. Kinze le brisa.

"Nous sommes désolés, Mylène. Mais nous devions le faire.
- Vous deviez mourir ?
- Oui, pour que tu libères tes pouvoirs."

La confusion qui était ma pensée sembla se réorganiser en moins d'une seconde.

"Mais alors... Vous l'avez fait... exprès... Il ne vous était rien arrivé en fait...
- Oui..."

Ma joie se changea en colère.

"Alors... Même en sachant que je ne les contrôle pas, même en sachant qu'elles me terrifient, vous avez voulu que je m'en serve. Et pour cela vous avez fait semblant de vous faire tuer ?"

Je sentais les larmes me monter aux yeux. Je me mis à crier.

"Vous êtes comme tous les autres ! Vous vous moquez bien de ce que je peux ressentir ! Ces flammes semblent bien vous servir mais moi, je suis quoi dans tout ça ! Un instrument ? Un objet ?"

Je me levais et partis en courant vers une porte au hasard. Coup de chance, elle menait vers l'extérieur. Je me mis à courir dans la neige. Je courais aussi vite que je pouvais, je voulais m'éloigner aussi loin que je le pouvais, mais mon état physique et mental étaient déplorables et je m'effondrais dans la neige quelques dizaines de mètres plus loin.

"Je veux partir, je veux m'en aller ! Je ne veux plus rester ici ! Je veux aller ailleurs ! Papa... papa..."

Pendant que je sombrais dans une semi-inconscience, je sentis des bras forts me soulever. Avant de perdre complètement conscience, j'entendis une voix dire :

"Elle n'est pas prête."
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:20 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][u]Chapitre 7 - Du travail, encore du travail...[/u][/size]

C'est un balancement assez sec qui me réveilla cette fois-ci. J'étais avec Kinze sur le dos d'Hairi et la surprise faillit me faire tomber. Heureusement, Kinze me tenait. Visiblement nous étions en route pour rentrer. Kinze me parla à l'oreille.

"Ca va aller ?"

Il n'eut pas de réponse. Je n'avais pas apprécié du tout la manière dont lui et ses deux amis était en train de m'utiliser. Il soupira.

"Ecoutez, je suis désolé que nous ayons agi de la sorte et je vous demande de bien vouloir me pardonner."

Il se heurta à nouveau à mon silence et soupira. Le reste de la route jusqu'à chez lui se passa dans un silence pesant.

Nous arrivâmes après la tombée de la nuit. J'entrais immédiatement dans la maison et filais m'enfermer dans la chambre. Par la fenêtre je vis Kinze parler à Hairi avant qu'elle ne s'en aille. Il entra ensuite, prit un repas et s'installa près de l'âtre de la cheminée. J'attendis qu'il s'endorme et lui empruntais sa bourse avant d'ouvrir la porte et sortir, direction Luun, en espérant trouver un endroit où dormir loin de ce fou.

Je passais les portes de la ville en baissant la tête et en m'appliquant pour ne pas croiser le regard des gardes. Une fois entrée, j'étais encore émerveillée par cette ville. Il semblait y faire plein jour, même au cœur de la nuit. Oubliant mes préoccupations, je commençais à flâner à travers les rues, m'achetant au passage quelques robes et des bijoux. Je me sentais libre. J'avançais sans regarder derrière moi et ce fut le silence qui me ramena à la réalité. Les rues bruyantes et animées de Luun étaient devenues silencieuses. Je m'étais éloignée du marché sans même m'en rendre compte. Immanquablement, la joie fit place à la peur et je me mis à courir à la recherche de la zone marchande. Les ruelles se ressemblaient toutes et je tombais sans arrêt dans des culs de sacs. J'étais au bord de la panique et me remis à courir de plus belle.

Ma course s'arrêta brutalement et je me retrouvais les quatre fers en l'air après avoir heurté quelqu'un. La personne se retourna vers moi et me regarda d'un œil torve.

"Ouuuuuuuh ! La jolie ptite minette qui s'balade seule dans les rues à pas d'heure !"

Il me regarda avec un sourire malsain en sortant d'un étui à sa ceinture un couteau qui devait être aussi long que mon bras. Il se mit ensuite à s'approcher de moi à pas lents.

"Allez, viens la p'tite demoiselle, j'te ferais pas d'mal, j'veux juste m'amuser un peu..."

Je reculais lentement de quelques pas et me mis à courir dans la direction opposée à lui, en lui tournant le dos. Je venais de faire une énorme erreur. L'homme, que je pensais plutôt lourdaud, me rattrapa sans peine. Il attrapa mes cheveux, ce qui eut pour effet de m'arrêter net et de me faire tomber par terre. Avant que je n'aie le temps de faire le moindre mouvement, il m'avait mise sur le dos et s'était assis sur mes bras, bloqués le long de mon corps.

"Alors, ptit chaton, t'veux m'fausser compagnie ?"

[hide=Attention : scène pouvant choquer, soyez avertis]Son haleine était fétide, elle sentait l'alcool à un point tel que je me demandais comment cet homme pouvait encore tenir debout. Il remonta ma robe, tout en me maintenant au silence en posant une de ses énormes mains sur ma bouche. Je sentis les larmes me monter aux yeux pendant que je paniquais et me débattais dans tous les sens, sentant ses mains commencer à tirer le bout de tissu qui me servait de culotte. Il finit par réussir à en venir à bout et je sentis sa main glisser vers mon entrejambe. Le désespoir sembla me donner une force considérable car je pus dégager l'un de mes bras. Je tentais de le griffer, sans succès. Une ouverture se présenta quand il commença à retirer son pantalon. Mon bras libre put attraper son couteau et dans un rapide mouvement, je lui plantais en plein milieu du torse. Il me regarda, regarda le couteau, me regarda à nouveau et s'effondra sur moi, enfonçant un peu plus le couteau dans sa poitrine. Je tremblais comme une feuille. Je venais de tuer un homme, d'ôter une vie. Je repoussais le cadavre de l'homme et me relevais péniblement, tout en essayant de me rhabiller à peu près correctement. Je ramassais ma "culotte" et entrepris de la remettre, chose qui s'avéra plus difficile que prévu au vu de mes tremblements.[/hide]

Je retirais le couteau de la poitrine de l'homme, ce qui émit un gargouillis immonde. Je ne pus que faire quelques pas avant de vomir mes tripes. C'en était trop pour moi. Le couteau à la main je m'éloignais le plus loin possible du cadavre en titubant. Ma vue était troublée, je tremblais, j'avais froid, j'étais couverte du sang d'un homme et j'avais un couteau à la main. Tout cela aurait dû me rendre folle.

Après avoir traversé quelques pâtés de maisons, quelqu'un posa sa main sur mon épaule. Sans même réfléchir, je me retournais et tentais de le planter avec le couteau. Je ne pouvais confiance qu'à mon toucher et je sentis ce que j'avais ressenti il y a quelque minute à peine, la sensation de la lame du couteau qui s'enfonce dans la chair. La personne cria et ce fut ensuite le trou noir, je m'effondrais au sol.

Je me réveillais sur de la paille froide. Le lieu dans lequel je me trouvais était tout petit, peut-être trois ou quatre mètres carrés. J'étais encore tremblante de mon expérience et me relever fut assez difficile. A peine sur mes jambes, je fus prise de nausées et retombais sur mes genoux en tentant de vomir. Tout ce qui ressortit fut des fluides gastriques qui me brûlèrent la gorge. Je sentais quelque chose de froid autour de mes poignets. Une vague de terreur m'envahit quand je pensais au corps de l'homme, qui devait maintenant être froid. La panique retomba doucement quand je vis que ce n'étaient pas des mains, mais remonta presque aussi vite quand je compris que c'étaient des fers.

Je ne portais plus ni chaussures, ni ma robe, juste une simple robe de toile qui avait dû être blanche il y a plusieurs années. J'étais attachée à un anneau sur le mur par une lourde chaine et des fers qui enserraient mes poignets. Je sentis la panique à nouveau monter en moi : j'étais emprisonnée dans un cachot.

Plusieurs heures passèrent avant que mon attention soit attirée par un bruit de clenche à la porte. Deux gardes de la ville en armes s'approchèrent de moi, décrochèrent les chaines du mur et me traînèrent jusque dans une grande salle où ils attachèrent mes fers sur un anneau au sol, de manière à ce que je sois obligée de rester à genoux. C'était une salle du trône et un homme en armure, assis sur le dit trône, me regardait d'un air méprisant. Son armure était stylisée de manière à ce qu'il ressemble à un dragon à forme humaine. Une garde s'avança et parla.

"Monseigneur, c'est cette catin qui a poignardé un de nos garde hier soir. Elle avait un couteau et était couverte de sang, nous avons donc mené l'enquête et nous avons retrouvé le corps de Smoer, le prêteur sur gages, non loin. Il est possible que ce soit elle qui l'ait tué."

L'homme dragon le considéra un instant avant de donner sa réponse, qui me pétrifia.

"Brûlez là.
- Bien monseigneur."

Je sentis la colère monter en moi. Je pointais l'homme de mes mains en criant.

"Vous ne m'avez même pas laissé m'expliquer !!!
- Il n'y a rien à expliquer. Vous êtes une meurtrière, j'applique la loi.
- Je ne suis pas une meurtrière !
- Vous avez tué cet homme. Je suis la loi et la loi dit que vous devez mourir sur le bûcher. C'est ce qui sera fait."

J'étais hors de moi. Subitement, je sentis une chaleur au bout de mes doigts et une immense flamme en jaillit, brûlant le seigneur de la ville. L'image de ce rêve qui me terrifiait revint encore une fois et je m'effondrais en tremblant au sol. J'entendis des pas et tournais la tête vers eux quand une main en armure m'attrapa le menton et me souleva du sol avec facilité.

"Tu oses m'attaquer. Avec une forme de magie interdite en plus."

Il me laissa retomber au sol et ma tête heurta le dallage de pierre.

"J'ai compris ton manège, assassin. Tu as tué un innocent pour m'approcher et me tuer. Tu aurais dû te renseigner. Tout le monde sait que je porte une armure en écailles de dragon et que les petites flammèches comme tu viens d'en lancer ne peuvent rien contre moi."

Il se tourna vers le garde proche de lui.

"Garde ! Je veux que son bûcher soit prêt dans l'heure.
- Il sera fait selon vos désirs monseigneur."

J'étais au bout du rouleau, aussi bien physiquement que nerveusement et je ne pus m'empêcher de tomber dans les pommes.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Une heure plus tard, dans la foule qui s'amassait autour de la place où avait lieu l'exécution, un homme encapuchonné se faufilait vers le bûcher pour être spectateur du premier rang. Il soupira quand les gardes attachèrent une jeune fille rousse au mat de bûcher.

"Du travail, encore du travail..."
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:21 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 8 - Ecervelée, voleuse et assassin.[/u][/b][/size]

Ma tête me faisait mal, mes bras et mon dos aussi. J'entendais une clameur qui n'adoucissait pas mon mal de crâne.

" A mort ! A mort !"

Qui voulait-on mettre à mort ? Pourquoi mettre à mort ? Où étais-je ? Les questions se bousculaient dans ma tête. J'ouvris lentement les yeux, aveuglée par la lumière du jour. Les cris étaient de plus en plus distincts. Mes pensées commencèrent à s'aligner dans le bon ordre et je compris. La sensation de bois sous mes pieds, le poteau de bois dans mon dos, j'allais être brûlée vive. Je me mis à crier pour qu'on me libère mais ma voix ne parvenait pas à couvrir les cris de la foule.

Un homme en robe s'approcha de moi et me présenta, au bout d'un bâton, un soleil avec un visage sérieux.

"Repends toi, pécheresse, et peut-être Nero te pardonnera-t-il tes crimes !"

Je ne l'écoutais même pas, je me moquais éperdument de son dieu, je voulais simplement qu'on me libère et qu'on me laisse partir. La foule cessa brutalement de crier quand approcha le bourreau, un flambeau à la main. Ce dernier s'approcha du bûcher et me demanda.

"Une dernière volonté ?
- Oui ! Détachez moi et laissez moi partir !"

La foule me hua quand elle m'entendit.

"J'ai bien peur que ce soit un peu trop tard, mademoiselle..."

Au moment où il parla, il planta la torche enflammée au milieu des brindilles sèches et le feu se mit à crépiter. Mon cœur se mit à battre à tout rompre et je me mis à hurler en voyant les flammes grandir sous mes pieds. Encore une fois, les images de mon cauchemar me revenaient à l'esprit et pendant que je criais, mes yeux se remplissaient de larmes. J'étais doublement terrifiée par les flammes et par la mort. Mon corps et mon esprit ne pouvaient en supporter autant et encore une fois, je sombrais dans l'inconscience.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

L'homme encapuchonné regardait le bûcher prendre feu et la jeune fille tomber dans les pommes.

"Je pense qu'il est temps pour moi d'agir."

Avec un sourire en coin, il sortit deux masques de sa veste, les plaça sur son visage, et se lança vers le bucher à toute vitesse. Bizarrement, il était bien plus rapide que n'importe quel homme et en un instant, il se retrouva au sommet du mat. Il regarda la foule et s'adressa à elle.

"Peuple de Luun, je suis désolé, mais cette exécution ne peut avoir lieu ainsi. Je me charge de cette criminelle moi même."

Une rumeur monta parmi les gens du peuple. L'homme redescendit et libéra la jeune fille. Dans la foule quelqu'un cria.

"C'est le Valet des Lames ! Son jugement est pire que la Mort !"

La foule eut un mouvement de recul. En examinant bien le dit Valet des Lames, on pouvait se rendre compte que ses doigts portaient des griffes en acier tranchantes et que sa cape était faite de peau humaine. Au milieu de flammes, le Valet poussa un cri guttural qui fit frissonner tout le monde avant de sauter sur un appentis, puis sur un toit, avant de disparaitre en sautant de toits en toits. Un brouhaha s'éleva de la foule.

"Tu penses qu'il va lui faire quoi ?
- Il parait que la dernière fois, il a arraché les yeux de sa victime pour les manger.
- Et il parait qu'une autre fois, il a ouvert le ventre d'une de ses victime et a bouffé ses organes en la faisant regarder...
- Je plains cette pauvre petite...
- C'est sûr, je préfèrerais mille fois mourir dans les flammes que dans les main du Valet des Lames..."

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Je refis encore une fois ce cauchemar. La ville en flamme, l'homme, le goût du sang, et je me réveillais en sursaut. Mes pieds me faisaient mal. Mes poignets et mon dos aussi. Une odeur familière flottait dans l'air. L'odeur du lit de Kinze. J'étais revenue à mon point de départ, la maison de ce... Je n'eus pas le temps de finir de penser que la porte s'ouvrit et que Kinze entra, un plateau dans les mains. Il le posa sur la table de chevet et se redirigea vers la cuisine.

"Kinze ! Je...
- La ferme !"

J'étais surprise par sa réaction. Lui qui était si gentil semblait si froid tout d'un coup. Les larmes me montèrent aux yeux et avant que je n'aie pu tenter de me retenir, je m'étais mise à pleurer toutes les larmes de mon corps. La porte se rouvrit et Kinze s'approcha de moi, l'air dur.

"Kinze... Je..."

Il m'asséna une puissante gifle qui me propulsa littéralement hors du lit. Il fit le tour et se pencha vers moi. Craignant un autre coup, je me protégeais avec mes bras mais il m'enlaça tendrement.

"Idiote."

Il ne dit rien de plus et mes larmes se remirent à couler. Je restais ainsi à pleurer pendant plusieurs heures. Je pleurais ma peur, ma honte et ma douleur. Quand mes larmes furent enfin taries, Kinze me souleva et me posa dans son lit. Il refit le tour, s'assit et entreprit de me faire manger le plat qu'il avait préparé. Je ne me fis pas prier et mangeais, sans dire un mot. Une fois mon repas terminé, il se leva et me dit en sortant de la pièce.

"Reposes-toi. Et une fois que tu te sentiras capable de te lever, viens me voir, nous avons à parler."

Je dormis presque tout le reste de la journée. Au soir tombé, je me levais, marchant péniblement sur mes pieds brûlés, et rejoint Kinze dans le salon. Il était assis sur une fourrure devant la cheminée et semblait apprécier le calme du feu. De mon côté, je partis m'asseoir à la table, loin des flammes. Kinze me parla, sans se retourner.

"Es-tu consciente de ta situation actuelle ?"

Il ne me vouvoyait plus. Sa voix était plus dure qu'avant.

"Heu... Je... Je ne sais pas trop...
- Tu as attisé la colère du Seigneur de Luun. Maintenant, il va te poursuivre, te traquer, te chasser. Et ce jusqu'à ce qu'il soit en mesure d'exposer ton corps sur une croix aux portes de la ville.

Je ne répondis rien.

"Et tu sais pourquoi tu es dans cette situation maintenant, jeune fille ?"

Encore une fois, le silence.

"Parce que tu es une écervelée, voleuse et maintenant assassin."

Il avait raison sur tous les points et je ne trouvais rien à redire.

"Je sais ce que tu penses de moi, mais ça ne m'empêchera pas de te cacher. Parfois je me dis que j'ai trop bon cœur."

il se tut et son regard se perdit dans les flammes de la cheminée. Je repensais à ce que je lui avais dit dans la montagne. Maintenant que ma colère était passée, même s'ils m'avaient un peu utilisée, je comprenais que c'était aussi pour m'aider qu'on y était allés.

Au dehors, la nuit tombait et je partis me coucher en baissant la tête.
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:21 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 9 - Le goût des Flammes de l'Enfer[/u][/b][/size]

Le lendemain, Kinze se leva d'un air maussade. Il avait mal dormi et avait des courbatures partout, résultat de sa petite balade sur les toits de Luun avec une jeune fille sur l'épaule. Il se disait qu'il devrait vraiment ce débarrasser de cette plaie pour récupérer son lit. Il s'étira douloureusement et se dirigea vers la pièce principale de sa demeure, histoire d'essayer de trouver quelque chose à manger. A peine avait-il passé la porte qu'il se mit en garde. Un étranger était assis à SA table, dans SA maison, l'air de rien. En moins d'une fraction de seconde, il sortit d'une de ses manches un masque, le mit et se jeta sur la personne. La chaise sur laquelle elle était assise bascula sur le côté et il se retrouva à cheval sur elle, le poing prêt à frapper.

"Tu es bien prétentieux de t'asseoir à MA... Mylène ?"

Elle le regardait l'air aussi surpris que lui.

"Heu... Hello ?"

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

La surprise passée, nous nous sommes assis et avant que j'aie pu parler, Kinze se pencha vers moi.

"Mais qu'est ce que c'est que ce look à deux tisils ?"

Je comprenais facilement qu'il soit surpris. J'avais coupé mes cheveux plus courts, je les avais teints en noir et portais des vêtements d'hommes, ma poitrine serrée par une bande. Je ressemblais à s'y méprendre à un garçon.

"Hé bien je me suis dit que si je devais disparaitre, il fallait que je commence par changer d'identité."

Il me regarda, leva les yeux au ciel et soupira.

"Admettons. Et comment t'as fait ? T'es allée en ville ?
- Je l'ai aidée."

Il se retourna, l'air surpris. Hairi se tenait dans l'encadrure de la porte avec quelques vêtements dans les bras.

"Je te ramène quelques vêtements, Mylène.
- Merci Hairi.
- Je ne comprends rieeeeeeen !"

Kinze se tenait la tête.

"Hairi m'a aidée en allant chercher le nécessaire pour me déguiser en ville.
- T'as oublié de dire que je t'avais trouvée sur la route, quasiment pas déguisée, courant à une mort certaine.
- J'aurais préféré omettre ce détail...."

Je levais les yeux, faisant style de rien. Kinze soupira encore.

"Et c'est quoi ton nom maintenant ?
- Hein ?
- Si tu vas te présenter en ville sous le nom de Mylène, ça ne passera jamais...
- Ah..."

Je réfléchissais un instant, mais c'est Hairi qi trouva une idée.

"Risald. Pourquoi pas Risald ?
- Ca me plait bien."

Kinze ne dit rien et haussa les épaules.

"Si ça vous plait... Dans tous les cas, tu as plutôt intérêt à oublier tes manières de jeune fille si tu ne veux pas être percée à jour."

Il me regarda de haut en bas.

"Déjà, commences à te tenir comme un homme. Les jambes écartées, pas croisées, les coudes sur la table, pas sur tes jambes.
- Ca c'est TA manière d'être un homme, Kinze.
- On en a pas d'autre sous la main, alors on fait comme je dis, Hairi."

Hairi haussa les épaules et partit, me laissant aux bons soins de Kinze. Il tenta une bonne partie de la journée de me faire agir comme un garçon, mais c'était trop difficile à intégrer en une journée. Quand le crépuscule tomba, Kinze me regarda dans les yeux.

"On va voir si ton nouveau toi vaut le temps que j'y ai passé."

Il m'attrapa par le bras et me tira le long de la route jusqu'à Luun.

"Kinze ! Je... Je ne suis pas prête !
- Tu n'es pas PRÊT ? Pas grave.
- Mais si ça tourne mal ?
- On improvisera."

Je ne savais pas pourquoi mais je sentais mal le mot "improvisation". Quand nous arrivâmes en vue de Luun, Kinze me regarda du coin de l'oeil.

"Bombe le torse et prends un air patibulaire."

Il me regarda en haussant un sourcil.

"En fait non, restes normal."

J'essayais tout de même d'avoir l'air assurée quand nous passâmes entre les gardes en faction à l'entrée de la ville. Ils n'eurent aucune réaction. Je me penchais à l'oreille de Kinze.

"Ils n'ont rien remarqué, c'est une chance !
- Ou c'est peut-être une embuscade. Viens."

Il me tira dans une ruelle perpendiculaire puis à travers un dédale de rues jusqu'à ce que nous arrivions devant une lourde porte. Il la poussa et me tira à l'intérieur.

L'intérieur était chaud, humide et sentait la sueur. J'avais l'air gênée par l'odeur. Kinze me regarda l'air amusé.

"Ca sent l'homme, pas vrai ? Tu devrais t'y habituer. Allez viens.
- Heu... Je n'ai que seize ans, Kinze.
- La majorité est à quinze ans dans ce pays."

Il se dirigea vers le bar et je le suivis en soupirant, m'excusant à chaque fois que je marchais sur un pied.

"Ne t'excuses pas comme ça, c'est les femmes qui s'excusent."

Il me regarda avec un sourire visiblement amusé. Je m'apprêtais à lui tirer la langue mais lui lançais plutôt un regard mauvais. Il rit.

"Bien, y'a du progrès."

Il s'assit sur un des tabourets haut près du bar et je l'imitais. Il interpella le barman.

"Hé Malek ! Sers nous à boire !"

Le dit Malek s'approcha et nous regarda en coin.

"Et j'vous sers quoi ?
- La même chose que d'habitude pour moi.
- Et pour la crevette là ?
- Un verre de l..."

Kinze me donna un coup de pied sous le bar.

"Heu... Le truc le plus fort que vous avez."

Kinze me regarda avec des yeux qui semblaient me dire "Tu es folle !". Malek partit d'un grand éclat de rire.

"Je vois... Un Dracosire de Feu d'Enfer, un !"

Kinze se pencha vers moi.

"Mais qu'est ce qui t'as pris ? Tu ne pouvais pas demander une bière, non ?
- Heu... Je n’ai pas fait exprès, je voulais juste que ça reste dans la continuité de ma phrase.
- Arrêtes de penser de manière aussi idiote ! J'espère que tu as l'estomac solide, parce que son dracosire..."

Malek posa deux choppes devant nous. Celle de Kinze contenait de la bière et la mienne un liquide couleur lave, légèrement rougeoyant. Malek se pencha vers moi et me regarda avec insistance. Je pris une grande inspiration et but d'une traite le contenu du verre. Kinze me regarda avec un regard terrifié.

"Hé bien mon vieux, cette crevette a de la descente. Elle s'appelle comment ?
- Risald. Hé, Risald, ça va ?"

J'étais devenue rouge et tout semblait tourner autour de moi. Le paysage se décomposa lentement pour laisser place à un volcan et tous les gens qui m'entouraient semblaient être devenus des dragons faits de flammes. Je tournais ma tête vers le dragon-Kinze.

"Sha va, maisssh shais pas shi sha va aller longtemps."

Le dragon-Malek rit et je l'entendis crier au ralenti.

"Au premier de mes client qui n'est pas tombé raide mort après avoir goûté les flammes de l'Enfer ! Tournée générale !"

Je me levais et criais "Hourra" avec les autres personnes de la taverne, puis mon esprit s'embruma.
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:21 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 10 - Tu es un homme maintenant.[/u][/b][/size]

Quand je me réveillais, j'avais le pire mal de crâne de ma vie. Comme si un troupeau d'éléphant m'était passé dessus. Je me levais et titubais vers la fenêtre pour me rendre compte que le soleil était déjà haut dans le ciel. Je me massais les tempes en avançant vers la porte de la chambre.

"Hé bien, comment va notre alcoolique ?
- Beuuuuuuuuuh."

Kinze se mit à rire et je me traînais d'un pas lourd jusqu'à la table pour m'asseoir, les yeux perdus dans le vague. Il m'apporta un bol avec un liquide marron et épais qui me faisait penser à... mieux valait ne pas penser.

"C'est quoi ?
- C'est contre la gueule de bois. Bois, ça ira mieux après."

Je fis une moue dégoûtée en prenant le bol, je pris le bol et en avalait rapidement le contenu. C'était infect et je dus me contrôler pour ne pas tout recracher sur le sol.

"C'est ignoble.
- Aux grands maux les grands remèdes. Avec ce que tu as bu hier soir, tu ne peux pas y couper."

Mon mal de crâne commençait doucement à se dissiper.

"Je t'ai fait chauffer un bain dans la pièce d'à côté."

Je le regardais avec un air interrogateur avant de me rendre compte que nous n'étions pas dans la cabane à l'extérieur de la ville, mais dans une maison au coeur même de la ville.

"Woaaaa ! C'est à toi cette maison ?
- Disons que c'est une de mes planques."

Je ne cherchais pas plus d'explications avant de me rendre dans la pièce adjacente, qui ressemblait à une salle de bain, avec une grande baignoire, deux petites cuvettes sur des piédestals en guise de lavabos et un grand miroir. J'enlevais mes vêtements, qui étaient dans un état déplorable, et me regardais dans le miroir. Mon pantalon, que je tenais à la main, m'échappa sous la surprise et je me mis à crier. Kinze débarqua immédiatement dans la pièce.

"Quoi ! Qu'est ce qu'il y a ? Que ce passe-t-il ? Ca va ?"

Je m'approchais de lui en montrant mon visage.

"Kinze... C'est quoi CA !
- Oh... Ca c'est un oeil au beurre noir...
- Et pourquoi j'ai ça ? Comment je peux avoir ça ?
- Hé bien... Tu as l'alcool un peu... violent...
- Moi ? Violente ?
- Après le dracosire de Feu d'Enfer et trois choppes de bières offertes, oui. Un gars t'as donné une claque sur les fesses et tu l'as littéralement démoli. Le souci c'est que dans le bar de Malek, la moindre bagarre finit en rixe générale.
- Ah... Heu...
- Un vrai mâle n'aurait pas réagi comme ça, mais je pense qu'on y peut rien..."

J'étais un peu gênée.

"Je suis désolée, je t'ai causé des soucis...
- Pas le moindre. Malek et moi avons vidé les combattants en un temps record et je t'ai portée jusqu'ici.
- Je... ferais attention avec la boisson dorénavant.
- Evites juste de demander le "truc le plus fort" du bar..."

Il posa sa main sur ma tête et m'ébouriffa les cheveux. Je me tournais vers le miroir, une chose traversa mon esprit et je devins rouge pivoine.

"Kiiiiiiinze ?
- Oui ?
- T'en profites hein ?"

Il avait un sourire amusé et fit mine de regarder ailleurs. J'attrapais la première chose qui me passait sous la main, un seau, et le jetais sur lui. Le seau s'écrasa contre la porte derrière laquelle Kinze se protégeait. Je l'entendis rire derrière la porte.

"C'est pas de ma faute si tu n'as aucune pudeur !"

Je fulminais en me plongeant dans le bain tiède.

Après une bonne demi-heure de bain, je me rendis compte que mes vêtements étaient dans un état... proche de l'Ohio*.

"Kiiiiiiinze ?"

Cette fois il me répondit à travers la porte.

"Oui ?
- Est ce que aurais d'autres vêtements pour moi ?"

Je l'entendis pouffer de rire.

"C'est possible, oui. Attends je te les amène."

Il entrouvrit la porte et me posa les vêtements près de la porte. C'était une grande bure marron.

"Kiiiiiinze ?
- Oui ?
- C'est quoi ça ?
- Une bure.
- Je vois bien... Tu n'as rien d'autre ?
- Hmm... Pas à ta taille. Si tu veux d'autres vêtements, il faudra passer chez le tailleur."

J'enfilais la bure et sortis de la salle de bain. En me voyant Kinze eut un sourire amusé. Je lui jetais un regard lourd de sens.

"Ca va, ca va, j'ai compris. Prépares tes affaires, on va aller chez le meilleur tailleur pour homme de la région.
- Pour homme ?
- Et oui, tu es un homme maintenant. Essaies de ne pas l'oublier."

*l'Ohio : L'Ohio est un état des Etats-Unis d'Amérique. L'expression "dans un état proche de l'Ohio" signifie "hors d'état" ou "dans un état déplorable".
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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 22:22 (2007)    Sujet du message: Le Sang du Dragon Répondre en citant
[size=18][b][u]Chapitre 11 - Les outils du métier[/u][/b][/size]

Après un parcours sans fin dans les rues de Luun, nous arrivâmes devant une maison qui ne payait pas de mine. Nous entrâmes sans même frapper.

"On peut entrer comme ça chez les gens ?
- Il me connait, tout ira bien."

L'intérieur était complètement rempli de rouleaux de tissus. Une petite voix se fit entendre derrière une sorte de comptoir.

"Qui... qui... qui... qui est làààà ?
- C'est moi Orbel.
- Ooooooh ! Mon... mon... mon... monsieur Kinze ! Que puis-je pour vous aujourd'hui ?
- Je voudrais habiller mon ami ici présent."

Orbel, un homme de petite taille, presque un nain, me regarda de haut en bas.

"Je ne peux rien pour vous."

Je le regardais d'un air surpris et lui demandais :

"Mais pourquoi ?
- Je... je... je suis un tailleur expert pour HO... HO... HOMME."

J'étais sidérée, personne dans la ville n'avait rien remarqué, ni les gardes, ni les gens du bar, ni les badauds et ce simple tailleur avait percé à jour mon déguisement d'un simple coup d'oeil. Kinze s'approcha de lui.

"Orbel...
- Ou... ou... ouiiiiii ?
- J'aimerais habiller ce JEUNE HOMME ici présent."

Orbel et Kinze se dévisagèrent un instant.

"Je... je... je vois ce que vous... vous... vous voulez dire. Je vais voir ce que je peux faire pour "lui"."

Il m'attrapa par le bras et me tira dans une sorte de cabine d'essayage.

"J'en ai pour une minute."

Il tira le rideau et sortit d'une de ses poches un mètre ruban. En moins d'une minute, il avait pris mes mesures. Il rangea son mètre et sembla réfléchir un instant.

"Je vois ce qu'il vous faut..."

Il me tira hors de la cabine et me dit :

"Revenez dans deux heures, j'aurais fini."

Ceci dit, il nous poussa dehors et referma la porte à clef. Kinze me regarda.

"Sacré bonhomme, hein ?"

J'acquiesçais avec un soupir.

"Qu'est ce qu'on fait en attendant ?
- On va te trouver une arme digne de ce nom."

Et nous repartîmes dans le dédale des rues de Luun jusqu'à un quartier qui sentait le souffre et le fer chaud. Nous nous arrêtâmes à plusieurs échoppes avant d'entrer dans une boutique.

Kinze regarda autour de lui, regarda plusieurs lames et soupira. Le patron s'approcha de lui à ce moment.

"Je peux vous aider monsieur ?
- Je cherche une arme pour ce jeune homme.
- C'est un débutant ?
- Pour le moment oui, mais il apprend vite.
- Je pense avoir ce qu'il vous faut dans ce cas !"

Il farfouilla dans les caisses derrière son comptoir et sortit une épée.

"Celle là est faite pour lui. Elle a été forgée par les Maitres-Forgerons de Syistas.
- Vraiment ?"

Il lui prit l'épée des mains, la sortit de son fourreau, dégaina son énorme épée et l'abattit sur l'autre. La lame se brisa comme du cristal. Kinze planta son épée dans le parquet et se pencha vers le vendeur en tapotant la garde de son épée.

"Ca, c'est une épée des Maitres-Forgerons de Syistas."

Le marchand le regarda avec un sourire nerveux.

"Heu... Héhéhéhé... Je vais voir ce que je peux trouver d'autre !"

Il partit vers l'arrière boutique et Kinze se tourna vers moi.

"Tu vois Risald, c'est comme ça qu'il faut leur parler aux marchands de camelote."

Le marchand revint avec une sorte de bâton en bois noir. Je le regardais avec circonspection.

"Vous êtes des connaisseurs, alors je pense que vous saurez apprécier ceci."

Il appuya sur un petit bouton presque au milieu de l'arme et celle-ci se sépara en deux, révélant deux lames droites.

"C'est un modèle très rare qui vient de l'Est lointain. Il peut servir de bâton mais une pression sur le bouton au milieu le transforme en deux redoutables lames."

Kinze prit une des deux lames et regarda le propriétaire.

"C'est effectivement une belle arme. Permettez que j'essaie ?
- Si vous voulez."

Le marchand semblait confiant. Kinze abattit la lame droite sur son épée. Les deux lames firent un bruit métallique en s'entrechoquant, mais aucune des deux ne cassa.

"C'est très convainquant. Qu'en penses tu Risald ?
- Heu... C'est intéressant comme arme...
- On prend ?"

J'acquiesçais. Kinze tendit l'arme au marchand qui la mit dans un étui en tissu fin. Kinze paya sans me dire le prix et me tendit mon arme.

"Ne la perds pas, tu n'en auras pas d'autres."

Je lui souris et nous retournâmes vers la maison d'Orbel. Il était sur le pas de la porte et nous attendait.

"Ah... J'ai... J'ai... J'ai fini. Venez, venez voir."

Il nous montra la tenue qu'il m'avait confectionnée. Un pantalon simple, une tunique doublée avec une bordure brodée de doré, des chaussures de cuir marron avec semelle triple et une ceinture de cuir épais sur laquelle on pouvait adapter le fourreau d'une épée. Kinze me regarda.

"Tu essayes ça, Risald ?"

Orbel me fit signe de le suivre dans la cabine.

Une fois qu'il eut refermé le rideau, il me regarda de haut en bas.

"Il faut déjà se débarrasser ça..."

Avant même que je ne commence à enlever mes vêtements, Orbel avait sorti une paire de ciseaux et en une fraction de seconde, il avait découpé tous les points de maintien de mes vêtements. J'eesayais de me cacher comme je pouvais avec mes bras.

"Héééééé ! Mais ça ne va pas ?
- Ne... ne... ne vous en faites donc pas... Ce n'est pas pour rien que je... je... je suis tailleur pour hommes uniquement.
- Sortez !"

Il me regarda en soupirant et sortit. Je passais prestement la tenue et sortit de la cabine. Kinze et Orbel me regardaient, l'air satisfaits.

"C'est vraiment bien, Orbel. Tu as vraiment fait du bon boulot.
- M... M... Merci monsieur Kinze. Ca n'a pas été facile...
- Je me doute bien.
- Ah... J'ai pris la... la... la liberté d'en prévoir deux autres, identiques. Je les... les... les ferais livrer à la taverne de Ma... Ma... Malek.
- Merci Orbel, je ne sais pas ce que je ferais sans toi."

Kinze paya le nain et nous reprîmes la direction de la cabane, hors de la ville.

"Pourquoi ne reste-t-on pas dans la maison en ville ?
- C'est trop dangereux. On pourrait nous découvrir bien plus facilement dans cette maison que dans mon abri, ici."

En chemin je m'arrêtais pour me regarder dans un miroir.

"Ces vêtements sont superbes. Et ce bâton aussi. Merci Kinze.
- Ils sont surtout solides et de bonne qualité. Demain on commence à travailler et ce sont tes outils.
- Mes outils ?
- Les outils du métier..."
_________________
"La guerrilla se déplace dans le peuple comme le poisson nage dans l'eau." Mao Zedong
"Les noms que nous portons nous ont été donnés par Dieu à la naissance. Mais moi, puisque je me suis détourné de la voie de Dieu, je n'ai plus de nom." Scar - Full Metal Alchemist
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